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Autres Leçons Cours d'aquarelle N°5 Page 2

cours de peinture : conseils, trucs et astuces d'un aquarelliste professionnel

Etude de Golden Retrievers
Auteur: Cyrille_Jubert,

Peindre à l'aquarelle est affaire de patience. C'est vrai lorsque l'on peint à ma manière en cherchant à avoir de vrais contrastes. Il faut poser, glacis après glacis, couches après couches, de nouvelles nuances, jusqu'à obtenir l'effet souhaité. Dans cette page, étape par étape, pas à pas, vous allez voir l'aquarelle se renforcer et les golden retrievers sortir du papier.

Ma palette : bleu de cobalt, ocre jaune, alizarin et indigo.
-L'indigo me permettra d'obtenir des couleurs denses, proches des noirs en le mélangeant avec l'ochre et le alizarin
-le cobalt m'autorisera toutes les nuances claires, allant jusqu'au blancs, en le mélangeant avec ces deux mêmes pigments.

Papier d'aquarelle
Je peins sur du papier Arches 300g grain satiné, qui est en fait totalement lisse, me permettant des dessins au crayon puis au pinceau d'une extrême finesse. Ma feuille pour cet exercice est au format 50x75cm. Le papier a été trempé pour retirer l'apprêt, mais n'est pas tendu. Si je peins le fond, je remouillerais le dos à l'éponge et tendrais le papier sur ma table afin d'éviter que les pigments s'accumulent dans les creux du papier gondolé par l'eau.
Le dessin préalable
J'ai soigné le dessin de base fait avec un crayon HB mais en dessinant avec une main légère, de façon à pouvoir alléger le dessin avant de peindre
.

 

PHOTO DE REFERENCE

Voici à gauche la photo des golden retrievers. Elle a déjà été recadrée. Vous pouvez voir au nombre de laisses qu'il y avait 6 chiens. Sur la centaine de photos que j'avais au départ, j'ai chosi celle-ci pour le beau contraste ombre et lumière. Il faisait très beau ce jour-là et le ciel azur se reflétait sur le poil des chiens, créant une belle opposition ocre et bleu de cobalt.

Voici à droite la même photo travaillée sous photoshop pour exagérer les couleurs et les contrastes. Vous voyez mieux les reflets de ciel à gauche, mais les teintes ocre-jaune sont devenues évidentes à droite.
Je n'ai trafiqué la photo que pour mettre en évidence pour vous ce qui me saute aux yeux naturellement.
C'est mon côté X-files.

Premier glacis
J'ai fait l'économie de vous montrer le dessin de base. Vous pouvez voir les traits sous l'aquarelle.
Pour commencer, j'ai dilué du bleu de cobalt avec beaucoup d'eau et passé une couche extrêmement légère sur l'ensemble des chiens. L'objectif étant de ne pas laisser parfaitement blanche sur le dessin lui-même. Cette couche d'aquarelle est si fine, que dés j'aurais attaqué la première couche montrant les ombres les plus légères, il sera devenu presque impossible de la détecter à l'oeil nu.

Deuxième glacis
Travaillant toujours avec un gros pinceau en "petit-gris" très gonflé d'eau, j'ai rajouté une couche plus dense de bleu de cobalt pour marquer l'ombre. Vous pouvez constater qu'à ce stade, le travail d'aquarelle au pinceau est très grossier.
Pour les néophytes, je vais parler de la technique de "l'enlevé", qui a certainement un autre nom...
Lorsque vous avez posé une couche uniforme de pigments, aussi longtemps que cette couche est mouillée, vous pouvez alléger les pigments à certains endroits
. Il vous suffit de gonfler votre pinceau d'eau, puis de le sucer très fort pour aspirer toute l'eau et créer le vide dans les poils. Si vous passez votre pinceau "évidé" sur votre peinture, les pigments vont quitter le papier aspirés par le pinceau.

Dans une assiette blanche, j'ai mélangé mes trois couleurs de base (bleu, rouge et jaune) pour obtenir un gris beige. Dilué, il me donnera une nuance de blanc, que je pourrais accentué selon les zones choisies, soit en bleu soit en jaune.

Sur ce détail du chien du fond à droite, j'ai accentué les ombres, on voit très bien les nuances de mon "jus de base".


Au premier plan, le travail du poil commence à être plus fin. Pour cela, j'alterne un pinceau de "petit gris" N°3/0 et un fin pinceau en poil de martre N°1.
A ne travailler que dans la nuance, cela finit par prendre la tête. Alors, je me suis détendu en travaillant les couleurs les plus fortes.
Je suis monté en nuances dans les violets autour de la truffe et sur le menton. avant de peindre les dents dans des nuances d'ocre, puis les roses de la langue.

Je n'ai pas peur de rappeler une évidence, en aquarelle, on peint toujours les zones les plus claires avant de monter en valeur vers les teines les plus sombres. La lumière du papier ne peut pas être retrouvée si vous l'avez recouverte d'une couche de peinture.

Ainsi progressivement, je vais pouvoir ajouter de l'indigo et d'alizarin, pour atteindre des noirs profonds pour la truffe et les babines.
Pour obtenir ce noir, je rajoute une pointe de "noir d'ivoire" dans mon mélange.
Mon tableau commence à ressembler à quelquechose.

Dans la fourure du poitrail, couche après couche, avec mon "jus de base", je renforce les contrastes. Les endroits qui vous semblent noirs, ont été peints avec le même "jus" que les endroits les plus clairs. Mon mélange de base est simplement utilisé avec moins d'eau.(voir l'étude de blancs)

C'est ce qu'on appelle "l'aquarelle, sec sur sec".
Je n'ai pas mouillé mon papier avant de passer mon pinceau et celui-ci ne contient que l'eau nécessaire pour s'imprégner des pigments qui ont sêchés dans mon assiette-palette.

Ayant travaillé ainsi à sec, dessinant les ombres de chaque poil, vous pouvez penser en prenant du recul, que les détails sont trop marqués. Attendez alors d'être sûr que votre travail soit sec en profondeur. Prenez votre pinceau le plus large en "petit gris", garnissez le d'eau et d'une teinte que vous souhaitez renforcer globalement, et passez une couche sur l'ensemble de votre travail précédent. Vous pouvez aussi, accentuer le jaune à droite, et le bleu à gauche, laissant l'aquarelle faire le tri au milieu. Vos traits trop voyants vont se fondre dans l'ensemble avec harmonie.

En mettant tous ces détails bout-à-bout, Voilà un aperçu de ces golden retrievers à l'instant T, quand l'envie m'est venue de vous montrer mon travail.
Comme vous le voyez, les deux premiers chiens sont à peine ébauchés.
Le quatrième est à peine plus travaillé, alors que le troisième sort déjà du papier.

J'ai voulu qu'il me serve de référence pour donner à chacun des valeurs à peu près égales.
Par ailleurs, travailler des heures juste à faire des boucles de fourrure plus ou moins pales, c'est à vous donner le bourdon. Je me suis fait plaisir en donnant corps (et visage) à l'un de ces chiens.

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