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Chasse au marais
Quel chasseur ne se sent pas l'âme d'un poëte en admirant le spectacle de Dame Nature.
Il m'arrive d'écrire en caressant mon luth et de raconter mes chasses avec une verve lyrique. Est ce de la poésie ?
Bécassines à la billebaude
Lever à l'aube quand six heures sonnent à peine au clocher.
Deux heures plus tard, je suis en bord de Seine.
Le marais se nimbe d'un très léger brouillard,
qu'effiloche un vent d'Est porteur d'espérance.
L'aurore à l'orient embrase les nuées.
Pas un chat, je suis seul.

Mais toutes ces conditions ne font pas le Pactole ...
Ces demoiselles ne sont pas dans les platières à l'abord visitées.
L'une d'elles m'a bien survolé au dessus d'une mer de roseaux.
Je n'ai pas voulu tirer et risquer de la perdre.
La première bécassine s'est longtemps fait attendre.
Elle s'est envolée du cinquième gabion visité et sa course s'y est à jamais arrêtée.
Le marais néanmoins me semble bien vide...

Avec les grandes marées, je pensais trouver tout dangereusement inondé...
mais non, les mares sont à leur étiage
et le chemin de halage n'est humide que de rosée....
La deuxième oiselle s'est tant faite priée, que je ne l'ai même pas saluée..
Pourtant, sans rancune,
elle m'a envoyé un baiser en s'enfuyant d'entre mes pieds.

Chaque espoir qui s'envole vous coupe un peu les ailes et très vite, vos pieds n'en peuvent mais de marcher.


Remontant en voiture après un long périple, j'allais tenter ma chance en amont dans un petit coin, dont j'ai le secret. Mes belles oiselles y avaient jusqu'alors toujours été fidèles à nos rendez-vous. Peine perdue, la place était vide. D'autres Chevaliers du Graal, croisés sur mon chemin, avaient, comme Don Quichotte, une bien triste figure.
Je décidais alors de partir en aval, à l'autre bout du "pays"... un petit paradis, que je me suis trouvé au hasard de quelque quête . Le soleil faisait fumer les prairies aux herbes étincelantes de rosée. Mon chien gambadait laissant des traces plus vertes dans les prés comme givrés.
Quand le premier fumet lui est venu au nez, queue tendue, truffe en émoi, Il n'a pas eu besoin de me le dire, Il fallait que je me tienne prêt. La sourde avait piété et rusait devant "Plume". Mais, truffe au sol, dans un petit galop ramassé sur lui même, il dénouait l'écheveau. Jusqu'à ce qu'au bout de son impalpable fil d'Ariane, fuse soudain un éclair blanc.
Ce fut alors la fête... tous les deux, travaillant carré par carré, platière par platière, nous avons fait voler et voler encore ces merveilleuses petites boules de plume, qu'on appelle ici des rebecs et là des bécots. J'ai, ą vrai dire, assez mal tiré et "Plume", quand je manquais me fustigeais du regard... Néanmoins, à 3 heures, ayant atteint le tableau maximum autorisé, rassasié de visions magnifiques, repu des plaisirs de la quête et des joies de l'envol, mort de fatigue, de soif et de faim, j'ai déposé les armes.
Et dans la prairie déserte, presque nu , bras étendus comme un cormoran sur son rocher, je me suis fait sêcher au soleil d'automne, avant de repartir vers d'autres cieux, pour reprendre mes pinceaux et peindre d'autres tableaux.
Cyrille Jubert Octobre 2002

Etude du comportement du labrador chassant
Un labrador n'est pas seulement un chien de salon, c'est aussi un chien de chasse. pour ceux que cela interesse, voilà une étude des attitudes du labrador chassant la bécassine des marais et la bécassine sourde. Suivez le lien, ou cliquez sur les images.
 

Portraits de labradors
Ce site est dédié avant tout à la peinture, alors ne manquez pas de visiter les portraits hyper-réalistes de mes labradors.